Agriculture et alimentation

Avertissement aux lecteurs : cette fiche a été rédigée par une commission de « Die, Commune en vie ». Les propositions formulées constituent des bases de travail pour la prochaine mandature. Elles seront réexaminées au cas par cas dans le cadre de commissions municipales ou extramunicipales.

Les enjeux

- L’accès pour tous à une alimentation saine et locale y compris en cas de crise de toute nature (sanitaire, climatique, économique, chômage...) : voir encart « COVID19 » ci-dessous.

- La relève du monde paysan dans le Diois

- L'augmentation des surfaces agricoles utiles

- La bonne gestion de la ressource en eau

- La restauration d'une agriculture du vivant qui préserve la biodiversité et réduit les gaz à effet de serre (GES)



Alimentation : le Covid 19 sur la place du village

La crise sanitaire du Covid 19 a clairement mis en évidence dans notre commune les problématiques liées à l'alimentation et à son approvisionnement. Ce n'était pas pour une fois « vu à la TV » mais au cœur même de nos vies : ruée dans les magasins aux premiers jours, culture des jardins potagers à tout va, réaction immédiate pour faire lever l'interdiction de tenue du marché, mobilisation de la société civile et du monde paysan pour publier un annuaire et mettre en place des circuits de distribution alternatifs, défense de la vente des plants comme produit de première nécessité, interpellation du maire et de la sous-préfète pour autoriser l'accès de tous aux jardins potagers.

D'autre part, cette crise a réactivé ce que l'on sait mais que l'on oublie : la bonne santé est liée à la bonne nourriture. Une alimentation saine et équilibrée est garante d'une excellente immunité. D'ailleurs beaucoup de médecins témoignent de la présence en réanimation d'une majorité de personnes à pathologies liées à une mauvaise alimentation.

Enfin, cette crise sanitaire a renforcé la prise de conscience de la nécessité de changer nos pratiques pour faire face aux mutations à venir.

La résilience alimentaire et l'agroécologie sont donc les nouvelles cartes que nous devons jouer.

Définitions

La résilience est la capacité à absorber les chocs et à les transcender. Elle se prépare nécessairement à l'échelon local, en particulier en ce qui concerne l'approvisionnement alimentaire.

L’agroécologie est un ensemble de techniques inspirée des lois de la nature.

L'agriculteur qui adopte une démarche agroécologique s'associe à la nature et cherche à profiter des services écosystémiques (rendus par les espèces animales et végétales peuplant son terrain et son exploitation).

La pratique agroécologique a le pouvoir de refertiliser les sols, de lutter contre la désertification, de préserver la biodiversité, d’optimiser l’usage de l’eau.

Par la revalorisation des ressources naturelles et locales, elle libère le paysan de la dépendance des intrants chimiques et des transports générateurs de tant de pollutions. Enfin, elle permet de produire une alimentation de qualité, garante de bonne santé.

Les constats

Cantine de l’école Chabestan : les repas sont préparés avec plus de 24% de produits bio, plus de 25% de produits de qualité et un repas végétarien par semaine.

Les principales caractéristiques de l’agriculture dioise :

  • Un territoire agricole riche de sa diversité (viticulture dont une AOC Clairette), PPAM (Plantes à Parfum, Aromatiques et Médicinales) avec entreprises de transformations créatrices d’emplois, 'élevage notamment pastoral avec un AOC Picodon.
  • Un abattoir de proximité multi-espèces et labellisé bio (compétence CCD)
  • Une grande partie de la production agricole est aujourd'hui exportée hors du territoire, alors que certaines productions ne couvrent pas encore l'alimentation de la population locale (maraîchage, arboriculture, légumineuses… )
  • La disparition de surfaces agricoles de bonne valeur agronomique (source PLUI) l'exemple du développement de la zones d’activités de Die est cité à plusieurs reprises.


Les agriculteurs et agricultrices (source PLUi)

  • L'agriculture génère encore 20% des emplois, bien au-dessus de la moyenne nationale.
  • Plus des 2/3 des parcelles hors estives sont en agriculture bio
  • Diminution du nombre d'exploitations principalement les petites en polyculture et élevage.
  • La moitié des exploitations du Diois sont considérées comme «  petites  »
  • 40% sont en signe officiel de qualité
  • 30% sont en circuit courts. Les ventes à la ferme sont en augmentation (2010-rapport agriculture et espaces ruraux )17% des exploitations transforment leurs produits pour vente à la ferme.
  • Vieillissement des agriculteurs:+ la moitié des chefs d'exploitations ont plus de 50 ans sur 40% des surfaces cultivées. Avec difficultés de transmission- (PSADER 2008)
  • Les candidats à la reprise sont plus nombreux que les terres disponibles. (Région ZTEF Vallée de la Drôme Diois Stratégie de territoire)



Le foncier agricole

  • Perte des terres agricoles comme partout en France sauf pour les terres où se cultive la Clairette.
  • Entre 2000 et 2010, la perte en SAU (surface agricole utilisée) a été plus élevée pour le Diois dont -19 % en Diois que la moyenne nationale (-6 %). Ces pertes sont surtout provoquées par l’artificialisation des sols, Il n’existe pas actuellement de données centralisées permettant ce calcul au niveau communal ou intercommunal et des possibles pertes en surface cultivable du fait du réchauffement climatique impossible à véritablement chiffrer pour l’instant.(Souveraineté alimentaire en Biovallée, Drôme Conférence-débat présentée à “Écologie au quotidien” janvier 2020)


L’agriculture et la forêt sont des secteurs économiques forts du Diois.

Mais elle a aussi d’autres fonctions. L’agriculture de la vallée assure une fonction sociale et les externalités positives en matière d’environnement et de protection des paysages. Ces deux activités font partie des éléments identitaires de la vallée, et jouent un rôle majeur dans le maintien du cadre de vie recherché par les habitants et dans l’attractivité du territoire.


Lois qui encadrent le sujet

- Zan/ zéro artificialisation nette / feuille de route pour une Europe efficace dans l'utilisation des ressources. CE 2011 / Plan biodiversité 2018

- Plan biodiversité. 2018 (Min transition eco et solidaire).

- Loi d'avenir pour l'agriculture, l'alimentation et la forêt 2014

- Loi Montagne

- Loi Egalim. votée en 2018 a permis plusieurs avancées en la matière, en ciblant particulièrement la restauration collective qui devra atteindre les objectifs suivants : servir 50% de produits de qualité́ (dont 20% bio), limiter le gaspillage alimentaire, se passer du plastique, introduire un menu végétarien par semaine et diversifier les sources de protéines.

- Déclaration universelle pour l'élimination définitive de la faim et de la malnutrition ONU 2014

- Code rural L125 et suivant mise en valeur terres incultes

- Les biens vacants et sans maître

Objectifs à atteindre à l’échéance de 6 ans pour notre liste

Notre objectif principal est d'instaurer une agriculture et un système alimentaire résilients à échéance de 6 ans à l’échelle du Diois.

Un diagnostic complémentaire permettant d'établir un état des lieux sera établi dans les 6 premiers mois de mandature. Il concernera les chiffres clés sur les terres agricoles, le nombre et le type d'exploitations, les semences, la ressource en eau, les filières de transformation, les besoins et la capacité nourricière du territoire, les pratiques agricoles, et les circuits de distribution.

Nos objectifs font que chaque projet répond positivement aux quatre questions clés de notre programme :

1. Limite-t-il les causes et effets du dérèglement climatique et crée-t-il de la biodiversité ?

2. Renforce-t-il les solidarités entre les habitant-e-s du territoire ?

3. Soutient-il notre économie locale et développe-t-il les initiatives donnant plus d’autonomie à Die, au Diois ?

4. Respecte-t-il le principe du partage de la gouvernance et de la prise de décisions ?


Objectif 1 : Augmenter la population agricole

  1. Veille foncière, acquisition et mise en réserve de foncier pour les futurs exploitants (convention avec la SAFER, préemption, fonds d’acquisition intercommunal)
  2. Mise à disposition du foncier aux porteurs de projets (location, pépinière…)
  3. Accompagnement des porteurs de projets si besoin de complément aux outils existants


Objectif 2 : Préserver et augmenter la SAU (Surface Agricole Utilisable)

  1. Sanctuariser les terres agricoles (ZAP, PAEN)
  2. Stopper les aménagements urbains en périphérie qui menacent les terres agricoles et densifier les zones commerciales et d’activité actuelles (ancienne ZA, avenue de la Clairette.).
  3. Densifier le centre-ville et les zones déjà urbanisées en :
  • Favorisant la rénovation et l'utilisation des logements vacants (34% de logements en résidence secondaire dans le Diois) : fiscalité incitative et aides à la rénovation
  • Encourageant et facilitant les démarches BIMBY (construire dans mon jardin) et similaires (division parcellaires)
  • Soutenant les commerces du centre bourg par une aide à la rénovation et l'acquisition de boutiques vacantes

Bénéfices annexes : Réduire la dépendance à la voiture individuelle


Objectif 3 :Promouvoir l’agroécologie, respectueuse de notre santé et de la planète, économe en eau, faible émettrice de gaz à effet de serre (GES), qui préserve les sols et la biodiversité.

  1. Sensibiliser, former et soutenir les agriculteurs à l'agroécologie
  2. Promouvoir le développement des haies et corridors écologiques, la plantation de plantes mellifères, la sauvegarde des habitats sauvages (cf nichoirs de certains viticulteurs) et l'intégration des arbres dans les pratiques agricoles
  3. Réduire de moitié les intrants chimiques et se fixer un objectif zéro pesticides 2030 dans les exploitations du Diois. Lutter contre l’exposition des agriculteurs à la chimie et les accompagner dans les changements de pratiques.
  4. Favoriser dès l'installation les modèles d'exploitations économes en eau et former les agriculteurs à la gestion économe en eau (par exemple semis sous couvert, paillage)
  5. Favoriser la diffusion des techniques de réparation d'outils et de conception/fabrication : partenariats paysans/mécaniciens/artisans/CFPPA et associations).*Démarche participativepour sortir de la dépendance à l'énergie fossile de machines-outils de plus en plus sophistiquées et complexes à réparer.
  6. Soutenir les actions de préservation de variétés locales, la commercialisation et l’échange de semences paysannes adaptées au terroir et moins gourmandes en eau que les semences industrielles.
  7. Valoriser la biomasse locale en la recyclant pour nourrir le sol. La biomasse est une ressource renouvelable qui favorise la séquestration du carbone dans les sols et se révèle bénéfique pour le climat. Elle peut redonner vie à des terres dégradées.
  8. Généralisation des composteurs de quartiers pour recycler les déchets organiques.
  9. Commune exemplaire (services techniques et habitants) : compostage tonte sur place, broyage des végétaux en place et paillage.


Objectif 4 : Evoluer vers une alimentation bio, locale et accessible à tous basée sur une agriculture locale plus nourricière et des circuits courts

  1. Proposer 100% de repas bio avec le plus de produits locaux possibles et moins de produits carnés dans la restauration collective municipale et intercommunale : cantine scolaire, repas des crèches, buffets des collectivités… :
    1. Soutenir le projet de cuisine centrale de l’intercommunalité pour crèches et petites cantines
    2. Voir comment l’articuler avec la cantine Chabestan
    3. Repas à domicile : étudier la possibilité d’en produire dans la cuisine centrale, sinon, soutenir de manière différenciée les repas bio.
  2. Accompagner les projets de développement de circuits courts pour des productions adaptées au territoire et leur transformation : maraîchage, du blé au pain, légumineuse, fruits…
  3. Si les projets accompagnés au 2 ne suffisent pas à l’approvisionnement, étudier des solutions complémentaires (ferme communale)
  4. Encourager l'autoproduction par les citoyens et les jardins partagés en mettant des terres communales gratuitement à disposition * Démarche participative
  5. Soutenir la création d’une conserverie associative ouverte aux citoyens et si possible aux producteurs locaux. Démarche participative
  6. Organiser des opérations de sensibilisations à destination des familles et en partenariat avec les écoles.



Concernant la plupart de nos objectifs, les actions seront mises en œuvre à travers une démarche participative citoyenne, dont les modalités restent à affiner (par exemple en partenariat ESCDD).
En tout début de mandature, la mairie établira le plan communal de sauvegarde recensant les vulnérabilités et les risques sur la commune en y intégrant la sécurité alimentaire.


Partenariats: Les agriculteurs et leurs organisation professionnelles, Le PNRV, La Biovallée, La CCD, Les jardins Nourriciers, L'ESCDD, Terres de liens, La Carline.